Enjamber le rebord de la baignoire devient difficile, le sol mouillé inquiète, se relever des toilettes demande un effort : la salle de bain est l’une des pièces où l’on chute le plus à la maison. Quelques aménagements bien choisis suffisent souvent à la rendre sûre et confortable, pour vous ou pour un proche âgé. Voici les points à prévoir, du plus simple au plus complet.
Quand faut-il y penser ?
Idéalement, avant la chute. Il est plus serein d’adapter la salle de bain par anticipation, en profitant d’une rénovation, que dans l’urgence après une hospitalisation. Certains signes doivent vous alerter :
- la personne évite de prendre un bain ou se lave au lavabo ;
- elle se tient aux meubles, au lavabo ou au porte-serviettes pour se déplacer ;
- elle a déjà glissé, même sans gravité ;
- elle utilise une canne, un déambulateur ou un fauteuil roulant, même occasionnellement.
Remplacer la baignoire par une douche de plain-pied
C’est l’aménagement qui change le plus la vie. Une douche sans marche, ou avec un receveur extra-plat, supprime le geste le plus risqué : passer la jambe par-dessus le rebord de la baignoire. Prévoyez une surface suffisante pour se tenir debout ou assis, éventuellement avec l’aide d’une tierce personne, et une entrée assez large et dégagée. La douchette sur barre coulissante, réglable en hauteur, permet de se laver assis comme debout.
Un sol antidérapant
Le sol de la douche comme celui de la pièce doit rester adhérent même mouillé. En rénovation, on choisit un carrelage antidérapant adapté aux pieds nus et un receveur à surface texturée. Sur un sol existant, des traitements antidérapants existent, mais leur efficacité varie selon les produits. Supprimez aussi les tapis qui glissent et les petites marches entre la salle de bain et le couloir.
Barres d’appui et siège de douche
Les barres d’appui
Elles aident à entrer et sortir de la douche, à se relever des toilettes et à garder l’équilibre. On les place là où la personne en a besoin : verticale à l’entrée de la douche, horizontale ou coudée le long du mur, à côté des WC. Leur fixation est essentielle : une barre doit supporter le poids d’une personne qui se retient en tombant. Elle se fixe dans un mur plein ou sur un renfort prévu dans une cloison légère, jamais sur une simple plaque de plâtre. Un porte-serviettes n’est pas une barre d’appui.
Le siège de douche
Un siège rabattable fixé au mur permet de se laver assis sans encombrer la douche le reste du temps. Comme les barres, il demande un support solide. Un tabouret de douche posé au sol est une solution d’appoint, à condition d’avoir des pieds antidérapants et d’être bien stable.
Des WC plus hauts
Se relever d’une cuvette basse sollicite fortement les genoux. Une cuvette surélevée, ou un WC suspendu posé plus haut que la normale, facilite l’assise et le relevage. Un rehausseur amovible peut dépanner, mais il est moins stable et moins hygiénique qu’une cuvette adaptée. Associez-le à une barre d’appui à portée de main et à un dévidoir de papier facile à atteindre.
Une robinetterie sûre et facile à manipuler
- Le mitigeur thermostatique maintient l’eau à la température choisie, même si quelqu’un tire de l’eau ailleurs dans la maison. Sa butée de sécurité, souvent réglée autour de 38 °C, évite les brûlures : c’est un vrai plus quand la sensibilité à la chaleur diminue.
- Des commandes simples : un mitigeur à levier long se manipule du plat de la main, sans avoir à serrer ni tourner, ce qui convient bien en cas d’arthrose ou de manque de force.
- Des commandes bien placées : dans la douche, à une hauteur accessible depuis le siège, sans avoir à se pencher sous le jet.
Un bon éclairage
Avec l’âge, on a besoin de plus de lumière pour se repérer. Prévoyez un éclairage général puissant et homogène, sans zone d’ombre dans la douche, ainsi qu’un interrupteur facile à trouver dès l’entrée. Un balisage lumineux ou une veilleuse à détecteur sécurise les passages nocturnes entre la chambre et les toilettes. Les travaux électriques en salle de bain obéissent à des règles de sécurité précises : confiez-les à un électricien qualifié.
De l’espace pour circuler
Avec un déambulateur ou un fauteuil roulant, il faut pouvoir entrer, faire demi-tour et accéder à chaque équipement. Pour un fauteuil, un espace libre d’environ 1,50 m de diamètre est la référence habituelle pour tourner. Cela passe souvent par des choix simples : un meuble vasque suspendu, dégagé en dessous pour glisser les jambes ou le fauteuil, moins de meubles au sol, un miroir abaissé ou inclinable.
Les portes
Une porte trop étroite bloque le passage d’un déambulateur ou d’un fauteuil : un élargissement est parfois nécessaire. Autre point souvent oublié : une porte qui s’ouvre vers l’intérieur peut être bloquée par une personne tombée derrière. Une porte coulissante ou ouvrant vers l’extérieur règle le problème, tout comme un verrou déverrouillable de l’extérieur.
Des aides pour financer les travaux
Des aides existent pour adapter le logement à la perte d’autonomie, par exemple MaPrimeAdapt’ de l’Anah, sous conditions de ressources et d’âge ou de situation : renseignez-vous auprès de France Rénov’ ou de l’Anah avant de lancer les travaux.
Pour vous donner des idées d’aménagement, vous pouvez consulter nos réalisations.
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